24 avril 2008
Les petites croix du B2i
Sur le guide des égarés, Olivier Le Deuff raconte comment un élève de 3ème a essayer de "tricher" pour avoir le b2i... Au delà de cette jolie anecdote apparaît une fois encore les préoccupations uniquement certificatives du B2i, où le plus important devient le nombre de petites croix cochées, dans un cafouillage et un non-apprentissage permanent.
29 février 2008
Enseignant: de la difficulté du métier, par Philippe Meirieu
Philippe Meirieu s'est exprimé sur France Info le 2 février, où il était interrogé sur les évolutions du métier d'enseignant, un des objet (supposés, le rapport n'étant pas encore paru à cette date) du rapport de la commission Pochard. Il dénonce d'abord les "fuites", avant la publication du rapport, qui font naître nombre de polémiques, dans un climat déjà très tendu dans le milieu enseignant. Ensuite, P. Meirieu évoque la nécessité d'évolution des rôles de l'enseignant, où l'éducatif à toute sa place, avec notamment d'avantage de rencontre avec les familles. Mais tout cela ne doit pas s'envisager dans une perspective de concurrence des établissements, ce qui se passe actuellement. Il est devenu plus difficile aujourd'hui d'enseigner tant les élèves sont "excités", par le bombardement médiatique, l'addiction à Internet.... etc. Cela doit être pris en compte pour comprendre le désarroi des enseignants, qui ont plus que jamais besoin de reconnaissance.
28 février 2008
Le livret de compétences: culture de l'évaluation?
J'ai écouté avec attention, sur le site de l'ESEN, une intervention de Florence Robine, IGEN, qui intervenait en novembre 2007 sur le livret de compétences. Bien que quelques point me semblent encore flous, voici ce que j'ai compris de ce qu'elle disait et mes réactions (en italique).
1) Le livret de compétences intervient dans un contexte particulier.
- Le système éducatif subit des pressions de la communauté internationale, qui souhaiterait adapter l'éducation aux enjeux de la société contemporaine (est-ce le mot mondialisation qui est sous-entendues ici? le développement durable?), de la nation française avec quantité d'évaluations d'établissement, et d'indicateurs nationaux (indicateurs LOLF, contrats d'objectifs...) et internationaux (PISA, PIRLS).
- Un "vacarme" se fait autour des évaluations du système éducatif, à côté d'un "silence" autour de l'évaluation des acquis des élèves. Pourquoi? Parce que professeurs et familles sont peu demandeurs d'un nouvel outil d'évaluation, les familles se contentant du bulletin de note traditionnel (ça je n'en suis pas du tout sûre). Nous disposons de peu de connaissances sur les acquis des élèves malgré le DNB, le baccalauréat et l'omniprésence des notes dont on ne saisit pas toujours le sens.
- Malgré des efforts sur l'attention portée aux processus d'apprentissages et aux difficultés scolaires et sociales des élèves, les enseignants peinent toujours à soutenir leurs élèves et leur proposer des solutions.(j'adore les gens qui généralisent à la façon de www.profsnuls.fr !!! ... m'énerve ça...!
) . De même, les usagers (quelle horreur ce mots, ça fait vraiment "consommateurs" !) actuels du système sont souvent peu capables de saisir le sens caché, implicite des apprentissages. Les enseignants le font sans vraiment le formaliser, l'expliciter.
2) Quels sont les obstacles à lever, les biais à éviter, pour pouvoir mettre en place ce livret de compétences?
- Le premier obstacle réside dans l'hétérogénéité des situations entre les niveaux scolaires (le primaire transmet déjà au famille des résultats sous forme de compétences) et entre les disciplines, qui ont un rapport au savoir, une pratique de l'évaluation et une appréhension de la notion de compétence très diverses. Pour établir des grilles de références, dans un livret de compétences, il va nécessairement falloir travailler sur la mise en cohérence de l'ensemble.
- Bien comprendre les objectifs du socle commun et ceux du livret
- Il devient important d'adopter une culture commune du socle, qui doit munir les jeunes de l'essentiel pour apprendre tout au long de la vie.
- Le socle ne se substitue pas aux programmes d'enseignement, mais un outil de leur relecture et une organisation différente des apprentissages.
- Une tendance actuelle, consiste à ne construire de formation que pour ce qui est évaluable. Au contraire, l'objectif du livret n'est pas la "course à la croix" mais la formation d'une pensée globale et autonome de l'élève.
- Le livret devra idéalement pouvoir informer les familles en plus d'être un support de discussion entre professeurs et élèves. Il évaluerait aussi le système éducatif, en rendant compte de ce que savent les élèves à la fin de la scolarité obligatoire.
L'INSPECTION GÉNÉRALE, DANS SON RAPPORT, A EXPRIME L'IMPOSSIBILITÉ DE CE LIVRET A REMPLIR TOUTES CES FONCTIONS.
- Dans les pays qui ont expérimenté l'approche par compétences, les tensions à l'issue des paliers d'orientation s'accentuaient.
3) Les leviers: repenser la définition du métier d'enseigner, les postures des inspecteurs et des chefs d'établissements
- Développer une réflexion des enseignants, déjà indiquée dans les formations initiales à l'IUFM
- Mieux faire coïncider les apprentissages avec l'évaluation des compétences
- Opérationaliser les choix de l'enseignant: il doit identifier ces choix et leurs conséquences (bah oui, pourquoi on n'y avait pas pensé plus tôt, c'est vrai qu'on le fait pas assez !!! C'est vrai, nous sommes de insouciants qui aimons bourrer le crâne des jeunes et leur demander de se débrouiller avec ça après...!
pour qui on nous prend franchement???)
- Développer ne réflexion sur le temps nécessaire aux apprentissages,
à la découverte d'une compétence et aux travail à fournir pour
l'acquérir. (C'est pareil, on n'y a jamais pensé à ça non plus... ! Des tas de profs disent que les programmes sont hyper chargés et qu'ils n'arrivent pas à prendre le temps, justement ! On ne demande que cela, DU TEMPS !!!)
- Travailler au sein de la communauté éducative: qui va évaluer? Doit-on nécessairement évaluer pour exister? (On parle depuis le début d'évaluation, alors que fait ici cette question, très pertinente cependant??? C'est peut-être en introduction qu'il aurait fallu la poser !). On peut tout à fait travailler une compétence dans une discipline et l'évaluer dans une autre, mais les critère ne sont pas forcément les mêmes...
- Communiquer avec les familles grâce à ce livret. Quel rapport alors avec le bulletin de notes? Faut-il le supprimer, comme cela a déjà été expérimenté dans des établissements?
- Posture de l'inspection: les évaluations du système et des professeurs sont liées.
Selon le ministre, les inspecteurs ne doivent plus porter leur attention aux méthodes pédagogiques des enseignants mais uniquement les résultats.(Rappelons que les enseignants n'ont pas obligation de résultats mais de moyens !) Les posture de l'inspections sont formulées en questions (difficile d'appeler cela une posture...): quelle évaluation des enseignants? Comment l'évaluation des enseignants peut-elle contribuer à leur développement personnel et professionnel? Comment cette évaluation pourrait-elle améliorer l'enseignement, le système éducatif et sa régulation?
4) Les slogans
- Que doit-on mettre au centre du système éducatif? les élèves? les savoirs? les connaissances? les compétences? les enseignants?. Des biais intrinsèques sont possibles, "vous savez de quoi je veux parler", pour reprendre l'expression de Mme Robine. Alors là, il faudrait être plus explicite, car moi je ne vois pas... mais peut être que son auditoire oui??? Si on pense aux savoirs disciplinaires au service d'un objectif global d'autonomie de l'élève pour le préparer à vivre dans un monde futur incertain, l'expression "élève au centre" n'a plus de sens.
- La liberté pédagogique et le livret de compétences. Selon Mme Robine, toutes les méthodes pédagogiques ne se valent pas. Certaines, comme l'interdisciplinarité et l'élève actif, sont plus performantes que d'autres. "On ne peut pas, au nom de la liberté pédagogique, faire barrage à cette volonté de faire progresser le système éducatif. (Ouh la... et que deviendrait la liberté pédagogique justement? suprimée?? ). L'objectif du professeur est de donner les clés pour penser, les compétences essentielles doivent être explicitées et travaillées pour elles-mêmes.
- Pédagogie de la réussite.
Dans les réseaux d'éducation prioritaire, on a tendance à vouloir la réussite de tous les élèves mais en dénaturant les objectifs essentiels et l'évaluation par compétences, avec pour conséquence l'appauvrissement des contenus, le superficiel et le risque d'identification de compétences à cocher. Il faut au contraire avoir des ambitions élevées pour la formation des élèves.
19 février 2008
Philippe Meirieu s'exprime sur l'actualité pédagogiqe
Vincent Olivier, fondateur du web pédagogique, a mis sur son blog, à disposition des internautes, une entrevue (fichier audio en ligne) avec Philippe Meirieu, lequel donne son opinion sur les discours récents du président Nicolas Sarkozy concernant l'éducation et sur les dérives actuelles du système éducatif. Voici un petit résumé de l'interview de M. Meirieu:
1) Les effets d'annonce purement médiatiques de Nicolas Sarkozy (notamment celle concernant l'enseignement de la Shoah à l'école) sont faites indépendamment de la loi Fillon. Le président ne respecte pas les règles de l'Education Nationale à laquelle il préfère donner des ordres. Il annonce aussi des mesures qui sont déjà prévues et utilisées par la loi Fillon, notamment la supervision des programmes par l'Assemblée Nationale et la Sénat.
2) Concernant le débat actuel sur l'enseignement de la Shoah, le président dénie ce qui a déjà été fait et est encore fait sur le devoir de mémoire. Nous sommes ici dans le registre, je cite, du "tout émotionnel", rien à voir avec la pédagogie de la mémoire, approche par l'intelligence et la compréhension d'un phénomène obtenu grâce à un travail d'histoire.
3) Lors de son récent discours à Périgueux, Nicolas Sarkozy a insisté sur les apprentissages fondamentaux, notamment d'une part lire, écrire, compter, et d'autre part l'éducation civique et l'autorité. Le président ne fait ici qu'exprimer un consensus mais quid de la méthode? Philippe Meirieu propose de réhabiliter l'écrit au primaire, pas seulement sous forme d'exercices mais comme véritable discipline. Freinet, l'éducation nouvelle, l'écriture nouvelle avaient donné une nouvelle impulsion, et c'est dans cette direction que nous pourrions aller, explique-t-il. L'école doit privilégier une véritable écriture par les élèves, sur du long terme. Au sujet de l'éducation civique et de la morale, les emblèmes avancés par Nicolas Sarkozy ne sont pas non plus suffisants et ne remplacent pas l'éducation au quotidien, dans tous les apprentissages à l'école. Il s'agit de (je cite encore) "vivre ensemble", faire des projets, se donner des règles de vie collective et promouvoir la pédagogie coopérative. Enfin, le président ne cesse de stigmatiser l'école et les enseignants alors qu'il passe sous silence l'influence de la société (notamment de la télévision) dans la perception de la morale.
4) Selon Philippe Meirieu, pendant la multiplication des effets d'annonces de Nicolas Sarkozy, l'école devient victime du libéralisme, de la technocratie et du communautarisme.
- Le libéralisme, avec plus de pseudo-libertés donnés aux enseignants et aux écoles, la publication en ligne des résultats des élèves et des écoles, l'évaluation systématique des enseignants ayant obligation de résultats et le mise en concurrence des écoles entre elles. Ce dernier point aboutit au suivant:
- La technocratie, avec la production incessante d'indicateurs pour développer des stratégies individualistes et non pour le bien commun. Les élèves et leurs familles doivent bien évidemment pouvoir s'exprimer sur l'école, mais au sein de celle-ci ! Cette institution n'est pas qu'un simple service et encore moins un lieu de zapping. On voit bien ici l'enjeu qui se dessine: veut-on que les élèves et leur famille soient réellement impliquée dans le débat ou de simples consommateur d'école?
- Le communautarisme: les prises de position du président privilégient le domaine de l'affect et de la religion au dépend de celui de la citoyenneté.
Fabuleux éditorial !
Bien vu le coup de gueule éditorial de Monique Royer dans l'Expresso du Café Pédagogique de ce jour ! Formidable ras-le-bol des politiques actuelles d'éducation... A lire donc..
16 février 2008
Plan banlieue... no comment
Je viens de lire l'expresso du café pédagogique de ce jour, et je suis inquiète, vraiment.
1) Le recours à l'enseignement privé qui arrive à "renouer avec la réussite scolaire". Comment les familles vont-elles payer? On voir ici la volonté de désavouer l'école de la République... Pendant qu'on diminue le nombre de professeurs dans les établissements, on mets le paquet sur le privé? C'est véritablement scandaleux !
2) L'ouverture de filières dites "d'excellences".... Ces filières ne concernent que quelques élèves...que deviennent les élèves les plus en difficultés, qui ont besoin de soutien?
3) Places supplémentaires dans les "écoles de la deuxième chance". Sans remettre en cause l'utilité et l'efficacité de ces dispositifs , je m'interroge: n'est-on pas en train de déshabiller Paul pour habiller Jacques? En effet, si on recrute de moins en moins de professeurs dans les établissements, on va effectivement augmenter le nombre d'élèves en échec et diriger ces dernier vers ces "écoles de la deuxième chance" !
15 février 2008
Non à Note2be !
Voici un article de Libération sur le fameux le site note2be, qui permet aux élèves de noter leurs professeurs. Je suis opposée à ce principe délatoire et stupide, mais ce qui m'a surtout frappée ce sont les commentaires de gens sur cet article ! C'est fou la haine des profs qu'ont certains, serait-ce le reflet d'une mauvaise scolarité chez eux, qu'ils imputent bien sur à l'école...???








